INTERVIEW
(Effectuée le 28 septembre 2006)

1/ Comment avez vous choisi le studio où enregistrer?
Vinz : On avait visité plusieurs
studios d' enregistrement sur lesquels nous avions moyennement
accroché quant
au son qu’on en sortirait. Et puis Raphaël de
Supersonik (avec qui le groupe a déjà travaillé)
nous a contacté. On savait qu’on pouvait lui
faire confiance sur ses compétences, et en plus cela
nous revenait moins cher que les autres studios. On a donc
pris la décision de travailler avec lui très rapidemment.
Oliv' : Plusieurs critères étaient
importants :
les moyens techniques mis à notre disposition,
le prix du studio, mais plus important,
le côté humain, le fait de bien s' entendre
avec la personne qui allait effectuer l' enregsitrement,
de pouvoir avoir un véritable échange avec elle. Raph est
quelqu' un que nous connaissons depuis plusieurs années
maintenant et qui en matière de métal, aux
sens large du terme, a une très bonne connaissance,
ce qui lui permet de nous suggérer des idées
aussi bien au niveau du son que de petits arrangements
sur des parties spécifiques.
2/ Dans quelles conditions l'enregistrement
et le travail de mix et de production se sont-ils faits
?
Oliv' :
Dans les meilleures conditions possibles. Notre ingé son
nous à apporter son soutien dans toute les phases
de l’enregistrement et à été patient
face à certaines de nos indécisions, que ce
soit pour les sons ou les différents arrangements
possibles. Le studio n’est pas un monstre de technologie
avec une console de 30 mètres de long mais compense
largement cela par l’implication de ceux qui y travaillent.
Pour le mixage il est plus difficile de répondre étant
donné que nous sommes juste rentrés dans ce
processus cette dernière semaine.
Vinz : Je pense qu’on
s’était relativement bien préparé (psychologiquement
surtout) et que chacun à pris sur soi lorsque les
choses se compliquaient, sans s’énerver… Sinon
l’ambiance était assez détendue et les
conditions, hormis la chaleur du mois de juillet, étaient
bonnes.
Ben : On a commencé l’ enregistrement
mi juillet. C’ était en plein été et
on a parfois un peu abusé sur les pauses au soleil dans
le jardin… Mais sinon ça a été relativement
studieux. Il y a eu quelques petits moments de tension, mais
je pense que c’ est un peu normal, ça montre
que chacun était investit à 100% par l’ enregistrement
de cet album.

3/ Quelles ont été les difficultés
que vous avez rencontrées?
Vinz :
Pénurie de rhum, bières pas fraîches… (rires)
Oliv' : Rendre justice aux morceaux que nous avons composés…essayer
de trouver le meilleur compromis entre précision et feeling. Ne pas
rendre les choses trop cliniques tout en évitant de virer bordélique.
Donner à chaque morceau sa personnalité propre en gardant une
homogénéité à l’ensemble de l’album.
Ben : J’ avais personnellemnt
une certaine appréhension
par rapport à ma voix. J’ ai d’ ailleurs assez mal débuté les
sessions chant, ce qui nous a contraint de faire une pause d’ une
dizaine de jours non prévue. Mais finalement ce repos m’ a fait
du bien, et la suite s’ est beaucoup mieux passée. En dehors du
fait qu’ on a pas mal de retard sur le planning prévu (mais c’ est
assez habituel chez nous), il n’ y a pas eu d’ incidents majeurs.
4/ Et au niveau de la sonorité de l'album, cela reste
dans la continuité de "The 666 x murder project"?
Oliv' :
Non absolument pas. Sans verser dans ce que chaque groupe dit à chaque
fois qu’il sort un album, je pense que c’est plus abouti, pas seulement
au niveau des compos mais aussi aux niveaux des différents arrangements
qui ont été réalisés. De plus « The
666 x murder project » à été entièrement
réalisé à la maison, et même si nous ne sommes pas
complètements manchots dans la production et la réalisation,
nous ne sommes pas ingés son. Et rétrospectivement, l’homogénéité du
son n’est pas ce qui caractérise le mieux nos précédentes
réalisations, même si les morceaux individuellement sont très
efficaces et que nous aimons beaucoup les jouer.
Ben : Le mcd avait été enregistré à la
maison. Seul le mastering avait été effectué par Raph.
Le son du nouvel album est donc forcément différent, car même
si aujourd’ hui tout le monde peut avoir un logiciel de musique sur son
ordinateur, il est difficile de posséder un vrai parc micros, des pré amplis
de qualité, et surtout de maitriser les techniques du son. On a voulu
un son puissant bien entendu, mais surout précis, où l’ on
ressente de l’ émotion. Je pense que c’ est assez loin de
ce qui se fait aujourd’ hui, la recherche du « plus gros son de
la terre» n’ étant pas notre objectif. On a voulu que cet
album sonne assez acoustique, sans pour autant sonner ringard.

5/ Comment travaillez vous sur les morceaux? Qui écrit
les paroles ? Quel est votre processus de creation ?
Oliv' : Les paroles de tous
nos morceaux (excepté un) viennent de Benoît qui à de
très bonnes idées
et qui trouvent des manières de décrire les situations qui
conviennent très bien à l’ensemble du groupe. En ce qui
concerne les lignes de chant, on s’y met ensemble et on essait différentes
manières de faire passer l’émotion (soit dit en passant,
nous avons passer du temps en studio pour essayer des choses que nous ne
faisions pas avant au niveau vocal, ce qui fait encore progresser le feeling
sur les morceaux). En ce qui concerne la musique et la manière de
composer rien n’a vraiment changé, le gros des morceaux vient
de Benoît
et moi même et ensuite on travaille tous ça un long moment ensemble
aux niveaux des arrangements etc... on enregistre beaucoup ce que l’on
fait, on le réécoute encore et encore et finalement on arrive à ce
que l’on ressent le mieux en terme d’émotion et d’énergie.
Ben : Sinn a « expérimenté » un
peu toutes les formes de compositions. A la maison sur un 4 pistes, en live, à partir
d’ un riff de guitare, d’ un plan de baterie etc… Cet album
a surtout été composé en répète. Par contre
on compose surtout des plans, pas trop de morceaux dans leur continuité.
Ensuite seulement on assemble les différentes parties que l’ on
a, et éventuellement on en recompose spécifiquement pour terminer
un titre. Concernant les paroles, mon processus d’ ecriture a un peu évolué.
Avant j’ ecrivais surtout en fonction de la sonorité d’ un
mot, d’ une phrase, à l’ émotion que pouvait dégager
un couplet, pas vraiment sur un thème précis. Aujourd’ hui
je peux développer une idée, un sujet qui m’ interesse.
Même
si souvent ces idées me vienent après avoir déjà écrit
une phrase ou deux.
6/ Parlez-nous un peu de vos paroles. Sont-elles aussi importantes
que la musique ? Suivent-elles un concept particulier ?
Vinz : Si les paroles n’étaient pas importantes, on n’en
mettrait pas ! (rires)
Oliv' :
Clairement il n’y a pas de concept. Je ne pense pas que nous soyons
un groupe engagé. Les sujets diffèrent les uns des autres, ils
ne sont que le constat de choses que nous voyons, entendons ou vivons, de choses
qui nous choquent aussi.
Ben : Non il n’ y a pas de concept
dans les paroles. Mais concernant l’ album, on a essayé d’ être
cohérent,
c’ est à dire ne pas écrire un morceau sur le suicide,
un autre sur l’ amour, et un dernier sur les vaches normandes… L’ ensemble
est assez sombre, dérangeant parfois, mais nous n’ avons pas de
messages particuliers à faire passer, ce qui ne nous empêche bien
sur pas de défendre certaines de nos idées dans nos morceaux.
Je pense déjà au prochain album, et j’ aimerai qu’ il
sonne différement, qu’ il soit plus positif.
7/ Pourquoi avoir appelé votre dernier album, Suspension
?
Vinz : Principalement c’est Benoît
qui a eu l’idée du titre et du concept… Et on a bien aimé.
Ben : L’ idée d’ appeler
l’ album Suspension m’ est venue sans vraiment y réflechir.
En premier lieu je trouvais que ça sonnait bien, que c’ était
un titre assez original pour un abum de thrash (loin de « The 666
x murder project »). Et puis ce terme a pas mal de significations
différentes. Chacun peut l’ interpréter à sa façon,
et on trouvait ça intéressant.

8/ Logiquement, après un album, il y a une tournée
de promo… C’est prévu ?
Vinz :
J’y travaille, mais c’est assez compliqué lorsqu’on
est un groupe qui s’auto-produit et qui de surcroît n’est pas
très connu. Les programmateurs ont la fâcheuse tendance à dire « Rappellez
dans 2 mois j’ai déjà bouclé ma prog… » Et à la
date prévue on rappelle et on nous dit : « J’ai
déjà bouclé la
prog, rappellez dans 3 mois… » Et ainsi de suite. Faut s’acharner.
Alors lorsqu’on décroche une date on est très heureux même
s’il s’agit d’un concert dans une petite salle à Pétaouchnoque
et qu’il n’y a qu’une trentaine de personnes. Peut-être
que si l’on trouve un label efficace cela pourrait changer, et se simplifier.
Oliv' : La première démarche du
groupe pour l’instant
serait de trouver un petit label pour distribuer l’album et ainsi pouvoir
bénéficier d’un petit appui pour l’organisation
de concerts, ce qui nous permettrait de pouvoir jouer certains de nos tous
nouveaux morceaux en public, ce qui serait très excitant.
9/ Quels sont vos titres préférés
de l' album?
Vinz :
YCAGD, Back to the source.
Oliv' : J’ai bien sur quelques titres préférés
sur cet album, mais je pense plutôt que j’aime cet album dans
son intégralité, avec ses moments de tensions, ses relâchements
et cette libération d’énergie intense sur certains passages.
Ben : YCAGD, Still remember the pain.
10/ Quels sont vos projets pour la suite ?
Ben : Gagner au loto (rires).
Vinz :
Faire un petit frère à cet opus dans pas trop longtemps. Peut-être
essayer de réaliser un clip. Et surtout faire un max de concerts.
Oliv' : Promouvoir au maximum cet album dans
l’année à venir
tout en composant de nouvelles chansons pour pouvoir à nouveau créer
quelque chose l’an prochain. J’ai le sentiment que nos derniers
titres sont plus aboutis et ressemblent plus à des chansons que ce
que nous faisions auparavant, et j’ai hâte de pouvoir reprendre
la composition de nouveaux titres pour voir où cela va nous mener
cette fois.
